Un essaim d'émotions,
laisse échapper un trublion.
Sa charge exacerbée,
sa poussée à l'échappée.

Peur, colère, dégoût, tristesse,
joie, amour ou mélange.
accroche la pensée, longues nuits l'enlace,
en fait un état d'âme, un sentiment.

Un cerveau, lui réserve
censure ou désintérêt.
Un autre, attention,
outils et liberté.

Les deux le sont, en vérité;
Seul reconnu créatif, le deuxième.
À sa décharge il le mène,
canalise le chaos, sans le dompter.
Lui trouve un support d'expression,
sans aller loin, son environnement,
goûts, moyens et doigté.

Ainsi, le piano au coin de la cheminée,
les petits doigts il appelle.
La danseuse étoile, oh divine cette grâce!
inspire aux petits pieds les balerines.
Le pot de peinture, au coin oublié,
s'offre grand ouvert au pinceau
et les joues même s'en tartinent.
Le verbe, le théâtre et le chant,
se bousculent réclamer leur part!
Au fond, la matière brute est la même.

L'œuvre prête sort du four.
La célébrer, la contempler.
L'art, absent dans toutes ses vérités,
les revendique pourtant toutes!
Autant dans l'acte que dans la perception,
peut être laideur même et pas que beauté.

Mehdi Alami

 

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